mercredi 14 septembre 2016

La Kundalini et le double symbolisme du serpent

QUESTION :

J'ai du mal à voir la Kundalini comme quelque chose de bénéfique sachant qu'elle est représentée par un serpent et que celui-ci est considéré comme mauvais présage. J'aurais aimé avoir votre avis sur le sujet.

REPONSE :

Le serpent possède un double symbolisme, l'un positif et l'autre négatif, tout comme le corbeau, le dragon, le lion et le renard, pour ne citer que ces exemples. 

Le serpent de la Genèse, représentant Satan, n'est évidemment pas le même que celui auquel le Christ lui-même fait référence et s'identifie lorsqu'il dit : « comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé » (Jean 3:14). Aussi, le Christ nous invite à être « prudents comme les serpents » (Matthieu 10:16), ce qui confirme également l'aspect positif ainsi que les qualités du serpent.

Le serpent est également représenté comme symbole de la véritable médecine dont parlait Hippocrate (vis medicatrix naturae), à savoir le Principe vital qui circule sans entrave au travers de l'anatomie subtile et qui assure ainsi la santé parfaite ainsi que l'éveil des facultés sensorielles et extrasensorielles de l'individu à leur optimum.

On retrouve le serpent dans le symbole de la médecine contemporaine, mais également dans les représentations d'Hermès, d'Hippocrate ou d'Esculape. Le serpent y est toujours figuré élevé le long d'un axe rectiligne (un bâton ou une perche). Il y a donc un lien évident entre la véritable médecine symbolisée par le serpent et la Kundalinî éveillée qui progresse[1] à l'intérieur et autour de la colonne vertébrale, au travers des nâdis idâ, pingalâ et sushumnâ, qui sont les trois canaux d'énergie principaux symbolisés respectivement par la (double) spirale formée par les serpents et par le bâton. Le mot sanskrit Kundalinî est d’ailleurs parfois traduit par « feu serpentin ». 

Cette véritable médecine, ou Kundalinî éveillée, n'est autre que l'élixir de vie, le fleuve d'eau vive jaillissant du ventre, la panacée universelle, le breuvage d'immortalité, l'amrita, le soma, l'ambroisie ou le nectar dont on parle dans les différentes traditions. Lorsque l'individu vit cet éveil de la Kundalinî, il restaure son potentiel psychique et peut ainsi donner le meilleur de lui-même, en pleine possession de ses moyens. Il est illuminé, purifié, régénéré ; il est intérieurement en unité et en équilibre parfait dans ce que les ésotéristes appellent « l'état primordial édénique », et qui correspond à l'aboutissement de l'étape dite « au blanc » du Grand Œuvre alchimique.

Vous avez toutefois raison de vous méfier de la Kundalinî, car si son éveil est réalisé trop brusquement, cela peut occasionner de graves perturbations psychologiques et physiques. C'est ce qui arrive à certaines personnes recherchant l’éveil de leur Kundalinî comme une fin en soi et qui, pour de mauvaises raisons donc, se lancent sauvagement dans la pratique de certains exercices, sans discernement et sans l'accompagnement d'un Maître spirituel expérimenté connaissant leurs capacités mieux qu'elles ne les connaissent elles-mêmes. La montée de la Kundalinî ainsi opérée de manière « forcée » par de telles pratiques inconscientes, va alors tout brûler sur son passage, tant sur le plan subtil que physique, avec les conséquences dramatiques que cela peut engendrer si le corps physique, les centres d'énergie (chakras), les canaux d'énergie (méridiens ou nâdîs) et la psyché n'ont pas été préalablement purifiés, préparés par des pratiques appropriées, parfaitement adaptées à la sensibilité et aux capacités de l'individu. 

En espérant avoir pu vous apporter les éclaircissements souhaités. En complément d'infos sur ce sujet, je vous invite à consulter l'article « le réveil de la Kundalini ».  
Bien cordialement,
Elan Sarro

www.auCoeurduPresent.net


[1] L'activité des nâdîs idâ et pingalâ décroît à mesure que la Kundalinî se déroule verticalement. Lorsqu'elle atteint le chakra âjnâ (troisième oeil), seul la nâdî sushumnâ est encore active. À ce stade d'éveil, l'individu a transcendé l'opposition des énergies d'attraction-yang (véhiculées par pingalâ) et de répulsion-yin (véhiculées par idâ). Il est en parfait équilibre, androgyne, dans cet état primordial édénique que les traditions associent à la pureté et à la simplicité de l'enfance.