dimanche 24 août 2014

L'éveil à sa véritable nature

"Imaginons un monde où chaque être humain pourrait vivre ses rêves, avoir la liberté d’être pleinement lui-même en toutes circonstances, être libre des conditionnements dogmatiques qui limitent l’expression de son fabuleux potentiel créateur, être guéri des blessures émotionnelles et des mécanismes protecteurs qui leur sont associés."
Imaginons une autre humanité

Si tous les êtres vivaient cette réalité-là, le monde souffrirait-il encore de tous ces troubles que sont les guerres, les inégalités sociales, la pauvreté, la pollution, les épidémies et les famines, pour ne citer que ces principaux fléaux ? L’humanité ne connaîtrait-elle pas l’unité, la paix, l’abondance, la fraternité ? Les valeurs dominantes ne seraient-elles pas le partage, la tolérance, la compassion, la liberté, le respect et l’amour inconditionnel ? Il est difficile d’affirmer que la vie serait aussi belle que cela pour tout un chacun, mais il est certain que le niveau de vie global serait considérablement amélioré si chaque être pouvait vivre dans la joie que lui procurent la liberté d’être pleinement lui-même et la réalisation de ses aspirations profondes. Il est en effet concevable qu’un être qui vit à l’écoute des besoins de son coeur et qui se donne les moyens de les satisfaire, est heureux, épanoui, et que la plénitude qu’il ressent rejaillit dans sa vie sous la forme de comportements aimants, altruistes, respectueux et harmonieux, s’inscrivant de façon juste et parfaite dans la collectivité à laquelle il appartient. Il est tout aussi concevable qu’un être qui est coupé de lui-même ne puisse être épanoui et que ses actions reflètent son manque d’élan intérieur, son manque de joie. Si cette hypothèse est valable, alors nous pouvons en conclure que les problèmes que connaît notre humanité sont le reflet des problèmes que vit chaque être qui la compose. Les maux évoqués plus haut seraient ainsi la manifestation symbolique de ce que les êtres humains s’infligent à eux-mêmes.

La sagesse hermétique nous enseigne que le macrocosme est le reflet du microcosme. Si l’harmonie n’est pas présente dans la réalité intérieure d’un être (le microcosme), elle ne peut exister dans sa réalité extérieure (le macrocosme). Si le manque d’harmonie est la réalité intérieure vécue par la majorité des êtres, alors il est dans l’ordre des choses que le contexte global reflète ce manque sous la forme d’un certain degré de chaos. Si l’on suit cette logique, il suffirait alors de créer l’harmonie chez un seul être pour que le degré de chaos planétaire diminue. Si infime que soit cette diminution, elle n’en constituerait pas moins une amélioration qui impacterait positivement l’ensemble. C’est à ce niveau-là que chacun d’entre nous dispose d’un grand pouvoir, celui d’oeuvrer pour l’établissement d’un monde de paix et d’harmonie par l’illumination de sa réalité intérieure. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », disait Gandhi.

Illuminer le monde par sa propre illumination intérieure

L’illumination intérieure dont il est question est une régénération, par laquelle l’être humain se libère de tout ce qu’il n’est pas, en tranchant les voiles d’illusions qui occultent et étouffent sa véritable nature, son âme. Celle-ci aspire constamment à s’épanouir, telle une fleur magnifique mue par le désir ardent d’offrir toute la beauté de son unicité au monde. Cet éveil à l’âme est possible à chaque instant, car elle est le mouvement même de la vie, qui se ressent en soi-même. Elle est une force de vie qui cherche à exprimer sa puissance créatrice, pour la joie toute simple mais si grandiose d’exprimer sa nature, qui n’est autre que l’amour. Si l’âme, en tant que cet élan de vie, est présente ici et maintenant, il n’y a donc pas à la chercher, mais simplement à cesser de l’ignorer ou de la réprimer. Il suffit de lui accorder notre attention et de se laisser porter par elle.

Vu sous cet angle, il semble simple de vivre l’éveil à notre véritable nature, mais dans les faits, la plupart d’entre nous peuvent témoigner que cela est loin d’être facile. Quelles peuvent donc être les raisons qui expliquent cette difficulté que nous rencontrons tous sur ce chemin du retour à soi ?
Pour mieux les comprendre, prenons un exemple auquel chacun d’entre nous pourra s’identifier.

Cet éveil enfoui en chacun de nous

Souvenons-nous d’une situation où, petit enfant, nous étions pleinement nous-mêmes, connectés à notre élan de vie, c’est-à-dire à notre âme, souhaitant agir spontanément, dans toute la pureté de notre innocence d’alors. À ce moment-là, nous étions curieux, joyeux, ouverts à la vie, et tout ce que nous désirions, c’était faire une expérience pour découvrir le monde, pour célébrer la vie et jouer avec elle, en somme. Malheureusement, cet élan de vie qui faisait partie de notre âme n’a pas été accueilli par le monde des adultes. Pour celui-ci, cet élan était peut-être immoral, choquant, inapproprié selon les conventions sociales en vigueur, ou tout simplement embarrassant. Ils nous l’ont alors fait comprendre, d’une façon qui fut violente pour nous : peut-être avons-nous été punis, battus ou humiliés d’une quelconque manière. Cette injustice fut vécue comme un profond traumatisme. Nous avons associé à notre élan de vie la croyance qu’il était indigne d’être accueilli et aimé par le monde extérieur. Comme nous aspirions à être aimés, nous avons décidé de réprimer cet élan de vie à chaque fois qu’il se manifesterait à nouveau en nous-mêmes, pour ne plus risquer de revivre pareil traumatisme. Nous avons bloqué cette énergie de vie et notre âme a été brimée, blessée ; une partie de sa lumière est devenue « ombre », désormais occultée et étouffée par le voile répressif de notre croyance négative à son sujet. Notre élan de vie bloqué s’est transformé en souffrance, et nous nous sommes jurés de la maintenir cachée et de nous en éloigner le plus possible pour ne pas la ressentir à nouveau. Pour cela, nous avons décidé de porter un masque pour nous conformer au cadre moral du monde extérieur et pour en obtenir la reconnaissance, l’approbation, l’attention… l’amour !

Nous avons sacrifié notre élan de vie, notre véritable nature, pour obtenir une compensation de l’amour que nous avons perdu lorsque nous avons été rejetés. C’est ainsi que la dualité est née en nous et que nous avons quitté l’état édénique propre à l’enfance. Dès lors, nous connaissions le bien et le mal. Dans notre esprit divisé, cet élan de vie était « mauvais », et nous avons cru comprendre qu’un comportement plus adapté était « bon », comportement que nous avons dès lors adopté pour nous conformer aux normes et nous prémunir du rejet. C’est ainsi qu’au fil de nos expériences, nous nous sommes séparés de certains aspects de notre âme pour paraître « bien comme il faut » et être aimés en retour. Mais ces aspects réprimés n’ont pas disparu pour autant. Bien au contraire, ils n’ont cessé d’être présents en nous, revenant nous hanter très souvent, pour requérir à nouveau le droit d’exprimer leur nature. L’ombre a toujours souhaité reconquérir sa lumière perdue, car c’est le propre de l’âme de chercher à se manifester dans tous ses aspects, tel un diamant qui ne peut rayonner pleinement qu’à la seule condition que chacune de ses facettes soit parfaitement transparente. En effet, l’amour bloqué aspire à retrouver son mouvement, parce que ce n’est que par ce mouvement que la Volonté divine peut s’accomplir ici-bas.

Cet éveil ne demande qu’à renaître

L’éveil consiste donc en l’accueil inconditionnel de cette ombre bloquée, afin qu’elle puisse se transmuter en lumière et illuminer le monde de toute sa splendeur. L’adulte ou le parent bienveillant qui a manqué par le passé, c’est à nous de le devenir pour ces parts blessées de notre âme. Pour que cette illumination soit possible, il faut préalablement prendre conscience du mécanisme d’occultation et de protection de la blessure.

Il n’est pas difficile de le reconnaître, car il s’agit d’un ensemble de croyances mentales qui se reflètent par des crispations dans notre corps, dont la peur est le dénominateur commun. C’est à ces conditionnements limitants que nous nous identifions lorsque nous cherchons à fuir l’endroit de notre blessure ou à nous en protéger par des artifices, des stratégies compensatrices, des mensonges, etc.
Il peut s’agir de pensées négatives à notre sujet ou au sujet des autres, mais également de réflexes conditionnés ou de comportements névrotiques. Prendre conscience de ces schémas de fonctionnement « égotiques » est la première étape à franchir si l’on espère pouvoir aller plus loin et reprendre contact avec les parts blessées de l’âme, maintenues dans l’ombre par ces schémas qui nous maintiennent en périphérie et qui nous font « manquer la cible » : soit le coeur du vivant en soi-même. Lorsque nous reconnaissons ces schémas, sans se juger, nous nous désidentifions de la construction mentale que nous avions mise en place pour ne pas ressentir, et celle-ci se dissout ; le voile est tranché, et la lumière peut révéler la blessure, cette part « ombrageuse » de notre âme qui fut enfouie profondément dans les caves de notre inconscient négatif.

Cette opération de mise en lumière est souvent vécue comme quelque chose de désagréable dans les premiers instants, car la souffrance est à nouveau ressentie, et elle est à vif ! Toutefois, si la conscience reste focalisée sur les sensations corporelles de la souffrance, celle-ci peut se transmuter naturellement, grâce au facteur ordonnateur et harmonisateur de la conscience. En retrouvant sa lumière perdue, elle retrouve de facto son élan, son mouvement. L’âme se ressent alors dans toute sa plénitude, et cela se manifeste par la joie, l’amour inconditionnel, la compassion, la créativité, la foi, etc. L’élan de vie est retrouvé et, telle une fleur, l’âme peut s’épanouir dans la liberté d’être.

Cet éveil amorce le retour au Paradis terrestre

Ce processus d’illumination intérieure qu’est l’éveil est graduel. Il se fait par étapes successives, comme les couches d’un oignon qu’il faut ôter pour accéder à son noyau, symbolisant l’état primordial de l’être, l’état édénique qui était le sien avant qu’il ne soit tombé dans la dualité par sa propre ignorance et par les illusions de l’ego auxquelles il fut exposé et qui l’ont formaté. Chaque jour, quantité d’occasions nous sont données pour vivre cet éveil. Comme dit, l’amour bloqué aspire à retrouver son mouvement ; l’ombre cherchera toujours la lumière de la conscience car ce n’est que par elle qu’elle pourra manifester sa nature. Le féminin a besoin du masculin, les deux sont nécessaires pour rayonner l’amour sous la forme de paroles, de gestes, de créations, etc.

Tant que l’âme est bloquée par les schémas répressifs de l’ego qui s’interpose entre elle et la conscience, l’être ne peut exprimer son fabuleux potentiel et vit un enfermement source de souffrance. L’énergie de vie bloquée occasionne des maladies, des accidents, de la dépression, une fatigue chronique, l’insomnie, etc., et sur le plan extérieur, l’ensemble des maux évoqués au début de l’article.
La santé totale ne peut être recouvrée que par la régénération sur tous les plans, en commençant par la dimension psychique, celle-là même où se trouvent les élans de vie réprimés de l’âme. Tout être qui aspire à réintégrer son état primordial, celui qui était le sien dans la petite enfance, se doit de prendre le bon positionnement face aux éléments qui l’influencent à chaque instant, dans la vigilance et la maîtrise. Le Royaume de Dieu ne pourra pleinement se manifester sur terre s’il n’est préalablement manifesté en l’être humain, et c’est par l’éveil de celui-ci à sa véritable nature que la création de ce Paradis terrestre pourra devenir réalité, pour le bien de tous.